Les Chroniques de la Conscience
Épisode 2 · Peut-on guérir sans revivre son traumatisme ?
🎥 Regardez cette chronique en vidéo (clic sur le titre ci-dessous) :
Peut-on guérir sans revivre son traumatisme ?
Sous la première chronique, une personne m'a laissé un commentaire qui m'a particulièrement interpellée.
Elle exprimait une inquiétude que beaucoup partagent :
« Revivre un traumatisme, c'est le rendre vivant à nouveau. Certaines personnes sont trop fragiles pour revivre ces expériences. »
Cette réflexion mérite que l'on s'y arrête.
Car elle touche à une idée très répandue : pour guérir, faudrait-il forcément replonger dans sa souffrance ?
La réponse est plus nuancée.
Voici le commentaire qui a inspiré cette réflexion :
📖 Cette réflexion fait suite à la Chronique n°1
Le commentaire présenté ci-dessus a été publié sous la première Chronique de la Conscience.
👉 Vous n'avez pas encore lu le premier article ?
Découvrez : Le mythe du « one shot » – Une seule séance peut-elle vraiment tout changer ?
Revivre n'est pas toujours intégrer
Pendant longtemps, certaines approches thérapeutiques ont laissé penser qu'il fallait revivre intensément un traumatisme pour pouvoir le dépasser.
Or, ce n'est pas parce qu'une émotion est très forte qu'elle est forcément transformée.
Lorsqu'une personne est submergée par ce qu'elle revit, elle peut au contraire se retrouver à nouveau prisonnière du même état de peur, d'impuissance ou de sidération.
L'objectif d'un accompagnement n'est donc pas de faire souffrir davantage.
Il est d'aider la personne à retrouver suffisamment de sécurité intérieure pour que son cerveau et son système nerveux puissent retraiter progressivement ce qui était resté figé.
Observer avec sécurité
Dans mon approche, il ne s'agit jamais de provoquer une reviviscence du traumatisme comme objectif thérapeutique.
Si des émotions ou des souvenirs émergent spontanément, ils sont accueillis avec bienveillance, dans un cadre de sécurité et au rythme de la personne.
L'accompagnement consiste avant tout à respecter ses ressources, sa capacité d'intégration et son propre cheminement.
Parfois, une simple prise de conscience ouvre une nouvelle compréhension.
Parfois, plusieurs étapes sont nécessaires.
Chaque personne possède son propre rythme d'évolution.
Guérir ne signifie pas oublier
Guérir ne consiste pas à effacer son histoire.
Il s'agit de transformer la manière dont cette histoire continue d'influencer notre présent.
Le souvenir peut demeurer.
Mais la souffrance peut progressivement perdre son pouvoir.
Ce n'est pas le souvenir qui change ; c'est la relation que nous entretenons avec lui.
C'est cette transformation qui ouvre davantage de liberté intérieure.
Une question de discernement
Il n'existe pas de méthode universelle applicable à tous.
Certaines personnes auront besoin d'un accompagnement progressif.
D'autres emprunteront des chemins différents.
L'essentiel reste toujours le même : respecter la personne, son rythme et sa sécurité.
La qualité d'un accompagnement ne se mesure pas à l'intensité des émotions vécues, mais à sa capacité à favoriser une transformation durable.
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